Jo?lle Aubron, Clotilde et moi
«Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude des passions journellement assouvies; et, à travers leurs manières douces perçait cette brutalité particulières que communique la domination des choses à demi faciles, dans lesquelles la force s’exerce et où la vanité s’amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.» Madame Bovary Flaubert
Elle s’appelle Clotilde (1987-2***) elle est belle, elle est brune, elle est ma garde malade. Elle connaît mes cauchemars, au plus sombre du soir, ankylosé sous le voile froid de nos draps de soi. Du haut de son ascendant de femme de loi et accroupie sur mon plumard elle me demande:
Clotilde - Baby, did you forget to take your meds?
Je ne répond rien et docile je prends les deux petits cachets blancs qu’elle me tend. Mais je ne lui dit pas ce qui me hante vraiment. A vous je
peux vous le dire c’est pas comme si ça vous intéressait. Alors voilà :
Quand elle est sortie de prison le 16 juin 2004, sous son keffieh et son front fiévreux, Joëlle Aubron (1959-2006) souriait calmement. Ce même sourire qu’arborent entre eux les hommes bien nés.
Joëlle Aubron est née à Neuilly et elle est morte dans une unité de soins palliatifs parisienne entre temps elle a assassiné deux personnes: le Général Audran (19**-1985) et le président directeur général de Renault Georges Besse (1927-1986) . Pourtant Joëlle n’était pas destiné au meurtre, elle est fille bien née dans une famille de la bourgeoisie traditionnelle. Mais l’élite française est un apprentissage comme une orgie violente. Il y a les baiseurs et les baisés. Les baiseurs ne se suffisent pas de pénétrer violemment les baisés, de labourer patiemment leurs échines. Ces derniers giflent méticuleusement, presque tendrement les visages abscons – Violence des échanges –.
C’est cette petite fable de la société contemporaine qui me glace le sang et me fait drôlement envie en même temps.
Quand Joëlle a tué George Besse ça a dut beaucoup saigné. Depuis une certaine nuit agitée avec Clotilde – violence des échanges – mon couvre lit blanc lys est taché de sang. C’est au matin que j’ai constaté l’effraction entre la pliure oblongue et un morceau de dentelle fine. Depuis lors toutes les nuits, surtout celles ou Clotilde est absente, on se regarde, moi et la tache. Jusqu’à ce que l’agence d’entretient s’en aperçoive, je dormirai dans du sang.
Joëlle était comme mon couvre lit: la somme de vapeurs sanguines.
Post-scriptum :
Ma lettre d’adieu à Clotilde
Mattheus dit : Tu seras là cet evening
Mattheus dit : genre vers mid?
Mattheus dit : I have to talk to you,
Mattheus dit : last time I do I am leaving,
Mattheus dit : so stay online or maybe
Mattheus dit : tu seras surprise bientôt.
Clotilde une petite escapade nocturne ? dit : ?
Clotilde une petite escapade nocturne ? dit : What what what
Exode: Nouvelle étoile Patrick Eudeline (version: « la seule chose que je demande c’est de préciser qu'il s'agit d'un clip de Virginie Despentes»)
http://www.youtube.com/watch?v=C2D_1xa_5zEpeux vous le dire c’est pas comme si ça vous intéressait. Alors voilà :





