Le travail du cuir au Maroc

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métier du cuir

Le Maroc emploie environ 21 000 salariés formels dans le secteur du cuir. Étant une pratique ancestrale, celle-ci a su évoluer pour s’adapter aux nouvelles tendances. Faisant partie intégrante de l’économie du pays, ce secteur destine plus de 50 % de sa production à l’export. Notons que la chaussure constitue le produit phare avec plus de 75 % des exportations. En deuxième position, on retrouve les peaux et les cuirs ayant bénéficié d’une opération de tannage avec 12 % des exportations. Les articles de maroquinerie ainsi que les vêtements en cuir représentent, quant à eux, 8 % des produits exportés. Selon une statistique récente, le secteur du cuir compte plus de 280 unités industrielles au Maroc.

Un savoir-faire ancestral

Le métier du cuir est une fierté pour les Marocains. De la tannerie à la fabrication d’articles de maroquinerie, il a pu se réinventer et se réadapter aux exigences locales et mondiales. Cela, grâce à des artisans passionnés de cet art renfermant un savoir-faire millénaire. Notons que l’industrie du cuir au Maroc couvre diverses activités prometteuses. Notamment, elle comporte des branches tannerie, maroquinerie et vêtements en cuir, mais surtout un secteur chaussure. Il faut savoir que le métier du cuir constitue l’un des plus grands piliers de l’artisanat marocain. D’autant plus que la maroquinerie permet de réaliser une grande variété d’objets et d’accessoires à la fois originale et durable.

Au Maroc, chaque ville possède une spécialisation dans un type de production. Entre autres, le traitement des peaux de bêtes et la confection d’articles de maroquinerie existent depuis plus d’un millénaire à Fès. Ancienne ville impériale du nord-est du pays, cette cité est la gardienne de l’histoire et du savoir-faire des arts traditionnels. Une escapade au cœur de sa médina permet d’observer de nombreux artisans. Soulignons que ce lieu est classé à l’UNESCO depuis 1981. Il rassemble plusieurs activités artisanales dans ses quartiers. Les tanneurs sont particulièrement présents dans le quartier des Dabbaghines. Les méthodes historiques de travail du cuir y sont préservées, ce qui fait l’authenticité et la haute qualité des produits.

Il faut toutefois préciser que les techniques varient en fonction des régions. Entre autres, Fès est connue pour la fabrication des portefeuilles teints en rouge ou en vert et des sacs. Les objets et les articles en cuir font, par contre, la renommée de Marrakech. Ils se particularisent par du cuir rebordé de fils de couleurs ou de fines lanières de peaux. Enfin, pour découvrir le raffinement de la technique du repoussage du cuir, rendez-vous à Rabat.

travail en cuir

Les différents cuirs utilisés dans l’artisanat marocain

Le cuir marocain se démarque par la qualité de son éclat durable et surtout par sa texture. Qu’elle soit issue de chèvre, de veau, de mouton ou de chameau, cette matière est présente dans toutes les confections de maroquinerie. Confier entre les mains des maîtres artisans, elle est façonnée par ces derniers pour devenir de sublimes créations. Bien que fidèle aux processus traditionnel, l’industrie du cuir au maroc intègre des techniques modernes dans leur production afin d’obtenir une grande variété de cuirs. Des plus personnalisés aux plus classiques, ces derniers permettent de réaliser une large gamme d’articles. Il existe plusieurs types de cuir utilisés par les professionnels. Certains d’entre eux sont dédiés à des productions spécifiques.

Le cuir d’agneau est, entre autres, employé pour confectionner les vêtements. Il est particulier de par son aspect lisse et sa douceur. Plus épais que celle de l’agneau, la peau de mouton affiche un grain plus marqué. Elle a l’avantage d’être très abordable en termes de prix. Cette matière est également privilégiée pour les vêtements. En outre, le cuir de chèvre est connu pour sa résistance en dépit de sa finesse. Il est aussi bon marché et souvent utilisé pour la confection de blousons. Le cuir de porc est, par ailleurs, épais et résistant. Poreux, c’est une matière naturellement claire, idéale pour la fabrication de blouson également. Noble, lisse et souple, le cuir de veau entre dans la maroquinerie de luxe. Quant au cuir de buffle, celui-ci est souvent utilisé pour les vêtements d’homme. On le retrouve également dans la confection de lacets des chaussures en cuir haut de gamme.

Plus connu, le daim est fréquent dans la fabrication de gants, de chaussures et de vêtements. Il y a également les cuirs issus des déchets de l’alimentation humaine comme la vachette. Il s’agit de la peau de bovin. Cette dernière est à la fois lisse et épaisse. Sur jockercuir, les amateurs de maroquinerie, de gainage et de tapisserie pourront découvrir une large sélection d’articles. Nos maîtres-artisans ne cessent d’innover pour façonner le cuir sous toutes ses formes.

Les types de cuirs selon leurs traitements

Il convient d’avoir un peu de notions sur les différents traitements réalisés pour choisir un article en cuir de qualité au Maroc. Notamment, il y a le maroquin qui est une peau de mouton ou de chèvre tannée avec des extraits de plante d’origine marocaine. On a également le cuir de Russie qui est un maroquin tanné à l’écorce de bouleau. Ce procédé optimise la résistance à la moisissure et à l’humidité de la matière. En outre, le cuir bouilli dans l’eau améliore la dureté, tandis que le cuir corroyé est foulé et enduit d’huile après être plongé dans de l’eau. L’objectif est d’apporter à la matière de la souplesse et une imperméabilité.

Le nubuck est, par ailleurs, un type de cuir disposant d’une surface grattée côté fleur pour avoir un aspect velouté. Également appelé suède, le daim était gratté côté croûte afin d’obtenir une ressemblance avec le nubuck. La différence c’est qu’il est moins coûteux que ce dernier. En effet, on l’obtient à partir de croûte de cuir. Dans la maroquinerie de luxe, le box-calf est très plébiscité. Et pour cause, il s’agit d’un cuir de haute qualité tanné au chrome. Il affiche un aspect lisse. Quant au cuir vieilli, celui-ci est brassé dans un foulon pour avoir une finition craquelée.

Mis à part cela, il y a le cuir gras. Ce dernier a subi une immersion dans l’huile pour améliorer sa souplesse et son imperméabilité. Ce type de cuir est utilisé pour la fabrication de blouson et de chapeau en cuir. Ceux qui aiment l’aspect naturel de cette matière pourront opter pour le crust. Celui-ci est naturel, c’est à dire, sans finition. Le traitement du cuir végétal est, hormis cela, plus long et coûteux. Il s’agit ici de le tanner à partir d’extraits végétaux. Les amateurs de produits haut de gamme peuvent également se tourner vers le cuir nappa. Pleine fleur, il est traité de manière à améliorer sa souplesse. On obtient une matière lisse, fine et sans grain. Enfin, le cuir double-face, aussi appelé peau lainée, est issu de mouton ou d’agneau. Ici, la laine est conservée.

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