Mémoire de chapeaux, histoire des hommes !

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Collectionneur capéophile

Le styliste britannique John GALLIANO disait à propos des chapeaux : « C’est l’accent, le point d’exclamation, la note finale qui ponctue la silhouette ». De nombreuses personnalités se sont forgées une silhouette grâce à leurs couvre-chefs, ainsi que serait CHARLOT sans melon, NAPOLEON sans bicorne, MOBUTU sans sa toque en léopard, le commandant MASSOUD sans son pakol ou encore ARAFAT sans keffieh.

Envisager permuter le fédora de BOGART avec le chapeau à bord plat de MITTERAND, et la mythique silhouette disparaît… Souvenons-nous, le cancre arbore son bonnet d’âne et la fée son hennin. Le fou son tricorne tintinnabulant et le roi sa couronne. Saint Nicolas est coiffé d’une mitre, Saint François d’une auréole, et le Saint-Père de sa tiare, quant au rappeur, il retourne sa casquette. Il existe donc une symbolique du couvre-chef, comme le souligne Michaël SINGLETON, anthropologue, africaniste et professeur à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (Belgique).

Un chapeau, de la communication ?

Tout est communication : la coiffe, les vêtements, les attitudes corporelles… Et l’absence de chapeau est souvent plus interpellant que sa présence. Pour illustrer : à la fin des années 50, il était très mal vu d’aller nu-tête. Les ouvriers portaient invariablement une casquette, les bourgeois de la classe moyenne avaient des chapeaux mous et les riches des hauts-de-forme. Ils ne se découvraient qu’à l’église… au moment où les femmes se couvraient – parfois même d’un simple mouchoir quand elles ne possédaient rien d’autre !

Des conférences étonnantes à propos des chapeaux

Les chapeaux d’homme du XXème siècle sont maintenant dotés d’un conférencier. Celui-ci, de par sa naissance, appartient à la première génération sans couvre-chef, celle des années 60/70. Cette génération, qui constate, en regardant les photos jaunies familiales qu’aucun ancêtre ne sortait tête nue. Cette génération enfin a souhaité mettre un terme à des siècles de domination du port du chapeau en occident.

Eliane BOLOMIER (conservatrice de l’Atelier-musée du chapeau de Chazelles-sur-Lyon) nous précise que ce déclin avait déjà commencé avant la seconde guerre mondiale, l’automobile et les nouveaux modes de vie n’ont que précipité cette disparition.

Pourtant, au tournant des années 60, les chapeliers croyant que ce désintérêt populaire était dû au manque d’innovation dans la profession, ont multiplié les créations, bien évidemment, sans le moindre succès. Qui se souvient du « mambo rallye », avec sa calotte rabaissée et son large ruban donnant l’illusion d’un chapeau peu encombrant, conçu spécialement pour les automobilistes ? Et qui oserait porter aujourd’hui le « robin des bois », créé en 1956, improbable chapeau tyrolien à bord fuyant vers l’avant, comme celui de Louis XI ?

Le chapeau tire sa révérence, la fin des chapeliers …

Le XXème siècle a indiscutablement tiré la révérence des coiffes masculines populaires. Le canotier, ne se porte plus, sauf peut-être pour le folklore par les gondoliers Vénitiens, et pire, le porter à note époque singulariserai une marginalité, voir un déguisement. Ce qui est vrai pour le canotier, l’est tout autant pour le haute-forme, le bonnet d’âne, la barette, le bonnet de nuit, et bien d’autres …

Pour les survivants, la mutation a parfois été spectaculaire. Ainsi le sympathique casque de pompier, de la fin du XXIème siècle, tout de laiton avec son plumet rouge de parade, s’est transformé en un siècle en un casque des plus technique qu’il soit. Cette transformation a été aussi singulière pour les casques des soldats, des aviateurs ou encore des motards. Il y a donc eu des adaptations techniques et beaucoup de disparitions sociétales. Notre police nationale est passée du mythique képi à la casquette, et peu à peu l’abandonne. Les marins américains, ont troqué leurs chapeaux plats contre le bob. Et que dire de la police anglaise qui a abandonné leur haute-forme pour le casque de « bobbies », élevé en quelques décennies, avec Big Ben et les bus rouges à étage au rang de symbole national !

Cependant, quelques irréductibles s’accrochent à leurs traditions. Nous placerons dans cette rubrique le bicorne d’académicien, la casquette brodée des arts et métiers, la barette des cardinaux, le motarbord des diplômés américains, la toque des cuisiniers, et heureusement quelques autres.

 

L’association Capello, du capéophiliste Ludovic PREST

S’intéressé aux couvre-chefs du XXème siècle est donc porter un regard sur le passé, cependant quoi de plus vivant que d’assister à des narrations visuelles ? C’est ce que propose l’association CAPELLO, nous compter des anecdotes autours des chapeaux en nous les présentant.

Ainsi Ludovic PREST, qui en est le fondateur nous explique comment son parcours a évolué de son souhait de conserver des pièces de cette époque, jusqu’à la compréhension de l’environnement dans laquelle elles ont évoluées et les histoires qui les entourent.

Ce diplômé de l’IAE de Paris (recherche en organisation appliquée), se présente comme un passionné qui souhaite au travers de ses interventions promouvoir notre patrimoine et éveiller la curiosité.

Ce capéophiliste de la première heure porte une attention particulière sur les chapeaux donc, plus particulièrement lorsqu’ils sont contemporains (XXème à nos jours), masculins (civils et militaires) et plutôt Français. L’association CAPELLO intervient lors de séminaires professionnels, de conventions, de soirées internes, auprès de scolaires, afin d’éveiller la curiosité.

Son intervention atypique et unique, permet, à la fois de s’enrichir d’anecdotes, et de redécouvrir des objets de notre patrimoine. La pratique du récit vivant permet lors de chaque intervention d’avoir la présentation de nombreux chapeaux, et pour chacun d’eux de bénéficier d’une explication sur son origine ainsi qu’une mise en perspective dans son contexte.

Vous pouvez contacter l’association directement depuis leur site internet : http://www.capeophile.fr

Un rendez-vous incontournable à toutes celles et ceux qui phosphorent du chapeau !