Voyager au Cambodge : Au coeur d’Angkor, région des mystères

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Angkor est une région du Cambodge jusqu’alors peu connue, où certains secrets et mystères enfouis sous la jungle et les marais resurgissent près de 1000 ans plus tard…

Au Cambodge, 5000 sites khmers référencés, bien au delà de la limite d’Angkor

Il y a maintenant un an et après sept ans de recherches et de prospections, l’EFEO (Ecole Française d’Extrême-Orient) a rendu public l’inventaire de près de 5000 sites archéologiques khmers cambodgiens.

Découvrir le Royaume Khmer grâce au Cisark, une carte interactive

Sous la direction de Bruno Bruguier, explorateur infatigable, l’équipe s’est armée d’une boussole, d’une moto tout-terrain et de beaucoup de patience, pour constituer une banque de données composée de photos, descriptions, et localisations des 5000 sites référencés. Tout ceci est réuni dans un seul et même endroit, le Cisark (Carte interactive des sites archéologiques khmers) C’est donc bien d’un patrimoine immense qu’il s’agit. Un patrimoine qui est le reflet d’une civilisation disparue il y a des siècles et dont on ne connaît que peu de choses. Mais le travail n’est pas terminé. En effet, au delà du Cambodge, le territoire du Royaume Khmer s’étendait sur une partie de la Thaïlande, du Laos, et du Vietnam. Il reste encore de nombreuses recherches à effectuer pour rendre compte de façon encore plus fidèle de l’histoire de cette civilisation ayant rayonné pendant huit siècles sur le Sud-Est asiatique.

Les Angkoriens, inventeurs d’un système hydraulique complexe

Ces recherches s’étant longuement attardées sur Angkor et sa région, il paraît évident de s’y pencher un peu plus et de faire un point sur les dernières découvertes.

La Cité des Rois : aussi grand que New York

Le premier élément qui ressort suite à ces recherches, c’est la superficie de cette région qui s’est révélée être trois fois plus vaste que prévu par les chercheurs. Ainsi, grâce aux travaux de Christophe Pottier depuis 1992, et de sa collaboration au sein du programme GAP (Greater Angkor Project), on apprend que la superficie de la Cité des Rois s’étend sur plus de 1000km², l’équivalent du New York d’aujourd’hui.

Cette région était parcourue par plus de mille bassins artificiels, et des centaines de kilomètres de canaux et de routes, créant un vaste réseau hydraulique qui a fait le succès de la capitale et lui a permis d’optimiser son agriculture en toute saison. Ces recherches permettent d’apporter quelques pistes de réflexion sur les raisons de la disparition de la capitale. L’impact écologique serait en grande partie lié, et l’érosion provoquée par la déforestation, et le développement des rizières auraient asséché le système hydraulique, et malgré de nombreuses réparations visibles, le système était devenu ingérable.

La chute de l’empire Khmer

Cependant, d’autres facteurs ont contribué à la chute de l’empire Khmer, des catastrophes naturelles, des guerres, ou des changements de religions successifs ont précipités la civilisation vers sa disparition. Malgré ces informations, il n’est pour l’instant pas possible de définir précisément les raisons du départ des Angkoriens.

Est-ce l’effondrement du système hydraulique qui a contraint les habitants à déserter la cité, ou est-ce la fuite des habitants d’Angkor qui a provoqué la destruction de ce système ? C’est l’objet des recherches actuelles qui vont tenter d’élucider ce mystère.

Angkor Thom, capitale cambodgienne aussi vaste que Paris

Au coeur d’Angkor, on trouve la capitale Angkor Thom, objet elle aussi de nombreuses recherches, visant à déterminer la réelle superficie de la ville. Jacques Gaucher est chef de la mission française et chercheur à l’Efeo.

Après 10 ans de fouilles et de recherches, il a réussi à établir un plan de toute la ville, inconnu jusqu’alors. En quadrillant la forêt avec son équipe, qui recouvrait neuf millions de mètres carrés d’arbres, de broussailles et de marres, et en utilisant la technique du carottage, c’est tout le passé d’une ville qui a littéralement refait surface. Une ville qui s’est avérée être plus grande que Paris à l’époque médiévale, d’une superficie de neuf kilomètres carrés, parcourue par de très nombreuses rues et bassins, au sein de laquelle des milliers d’habitations en bois existaient.

Comment vivait les Khmers ?

La prochaine étape des recherches consiste à mieux connaître la vie quotidienne des citoyens Khmers, en partie appuyée par ce plan de la ville qui nous en apprends un peu plus sur la sociologie de cette population. Trois cents îlots d’habitations ont été recensés au sein desquels des bassins étaient associés, la température étant élevé, les habitants devaient se baigner plusieurs fois par jour. Une fois de plus, la terre nous informe du passage de cette civilisation disparue et il ne reste maintenant plus qu’à raconter l’histoire de la cité, ainsi que l’évolution de cette population.

Le Baphuon, épicentre d’Angkor Thom enfin debout

Augmentons encore un peu plus notre zoom sur cette région du Cambodge qu’est Angkor, pour nous concentrer sur le temple central d’Angkor Thom, le Baphuon. Il est l’un des plus vieux temples-montagnes d’Angkor. Construit il y à près de 1000 ans, il vient de retrouver toute sa superbe et sa prestance.  En effet, suite à de nombreux déboires, d’une part à cause de sa construction fragile qui dès le début a fait effondrer certaines parties du temple, et suite à deux éboulements détruisant certains pans et façades du Baphuon, le temple devait entièrement être reconstruit.

La reconstruction du temple Baphuon

C’est un puzzle de 300 000 pièces qui a du être assemblé pièce par pièce par l’équipe de Pascal Royère, architecte qui travaille depuis 1995 sur la restauration de ce monument. Mais l’opération à réellement démarré en 1960 quand la décision fut prise de démonter entièrement le Baphuon, dont une grande partie s’était écroulée, et avait fait corps avec la jungle Cambodgienne quelques années plus tôt. Les pièces du puzzle éparpillées sur le sol ont été de nouveaux recouvertes par la végétation, quand en 1970, la guerre civile éclata au Cambodge. Par le même événement, les plans de montage disparaissent alors eux aussi. Le challenge consista ensuite à rebâtir entièrement ce bijou Angkorien, sans manuel d’utilisation et avec des pièces étalées sur 10 hectares…

Un temple de 40 mètres de haut, 240 personnes et 15 ans de restauration

15 ans après le début de cette restauration, le Baphuon impose fièrement sa grandeur majestueuse du haut de ses 40 mètres à la pointe du sanctuaire central. Un travail titanesque où les métiers de l’époque ont repris vie, des maçons, des charpentiers, des tailleurs de pierre, des forgerons, c’est en tout 240 personnes qui ont travaillés pendant 15 ans à la restauration de ce temple magnifique.

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