sept. '07
25
Societe>
Autopsie de l'alcoolique chic
Enterré depuis trois mois dans les vitrines de Zadig et Voltaire avec son dernier ouvrage, Frédéric Beigbeder, l’ultime apôtre de l’alcoolisme à jabot, aurait cessé de faire des émules. La french touch du sirotage en toute élégance, des Chiottes au Pourri-Pourri, a fait place à la célébration orgiaque de bacchanales décomplexées et, pour rendre hommage à Technikart, un tantinet méta-beaufs.
Celui qui hier encore se congratulait discrètement de ces quelques menus billets lâchés au barman de l’hôtel **** sur le coup de cinq heures, sera certainement le plus féroce de vos challengers dans la file d’attente de l’open bar de 21h30. Fi du scotch vingt ans d’âge que grand papy distillait au compte goutte dans son club en peausserie patinée, du grand cru classé calibré pour les petites gorgée. Ne reste-t-il que de l’Absolut Strawberry sans jus sans glaçons sans palmier multicolore dans un verre en plastique à la distrib’ du Maxim’s ? Qu'importe, ce soir Absolut est votre meilleur ami, et la voka fraise on le sait c’est du dernier chic.
Fut un temps où, pour entraîner une ribambelle d'acolytes dans mes bien légitimes débauches juvéniles, j'arguais d'une tête d'affiche pointue, d'un Guns'n'Bombs aux platines, d'un Bonde do Role à demi-nu, d'un Niyi bariolé. Mais, peu à peu, les symptômes de l'épidémie apparurent.

Première alerte. Nous sommes le 6 juillet à 20h30, je sors du travail en courant pour rejoindre l'équipe au Nokia Trends Lab. La vibration inopportune du téléphone ralentit ma course à mi-chemin. Les quelques membres sur place depuis 15h m'annoncent d'une voix dont le portable ne parvient à atténuer l'intonation euphorique que l'endroit est idyllique, l'accueil extraordinaire. La preuve en est irréfutable : voilà plus de cinq heures qu'ils errent dans les 25m2 réservés à la presse munis d'une indétrônable coupe de champagne en PVC recyclable, dont le remplissage régulier rappelle immanquablement le tonneau des Danaïdes. Sans trop d'inquiétude, je me contente de les narguer avec ce revigorant cocktail carotte-orange-gingembre autour duquel, étrangement, la foule ne paraît pas s'empresser.
Mais il s'agissait bel et bien d'un signe avant-coureur. 1er août, l'ennemi tapi dans l'ombre est aux aguets. Un message fait subrepticement clignoter mon mobile à la manière d'un arc-en-ciel. Déployant l'appareil j'apprends que C***, celle qui a connu Late of the Pier deux semaines avant moi m'invite à la rejoindre à la Respect. Un coup d'oeil succinct à la programmation laisse pourtant songeur. A la lecture de l'indication Apéro Colette je me gausse doucement et prédis un avenir des plus déplorables à cette soirée. Au rapport le lendemain, C*** manque presque de salive pour en vanter le succès, les mérites, et l'abondance de piquette rosée.
Passons outre l'épisode du festival Electrodandy qui a rameuté autour de groupes éculés une faune attirée par les relents de l'open bar sous le parrainage bienveillant de Kitsuné, qu'on connait plus audacieux en termes d'innovation musicale.
Il est à redouter que la rentrée n'enraye pas le phénomène. La fine fleur de la nuit parisienne ne choisira bientôt plus d'élire de sa présence une soirée d'exception agrémentée d'un délicat nectar, des fines saveurs d'un vermouth blanc ou d'un bourbon ambré, mais se vendra à ceux qui sauront flatter son gosier dans la plus pure gratuité.
Pourquoi cette course effrénée à l'alcool, certes traditionnellement attaché à la conception même de soirée, tend-elle à primer la qualité de l'affiche ? Dans un milieu qui impose une maîtrise absolue de son image (Voir article), quelle liberté contradictoire peut naître d'un enivrement immodéré ? Ce besoin affiché d'ébriété n'est-il pas symptômatique d'une nuit où l'amusement ne va plus de soi mais où la part de représentation est telle qu'elle engage la confiance même de l'individu ?
Alors oui, dans un cadre tel il est logique que la spontanéité décline, et que les débordements comme le moindre comportement un tant soit peu irrégulier puissent être confortablement attribués à l'ivresse. L'alcool fonctionne comme échappatoire au carcan imposé par les circonstances, et comme refuge commode des convenances bafouées. Là où l'alcoolique chic inventait la mise en scène de son éthylisme, le noctambule pétri d'angoisse face à la comédie qu'il croit devoir jouer noie son trac dans un fond de bouteille. Et ce quel qu'en soit le contenu. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.
Celui qui hier encore se congratulait discrètement de ces quelques menus billets lâchés au barman de l’hôtel **** sur le coup de cinq heures, sera certainement le plus féroce de vos challengers dans la file d’attente de l’open bar de 21h30. Fi du scotch vingt ans d’âge que grand papy distillait au compte goutte dans son club en peausserie patinée, du grand cru classé calibré pour les petites gorgée. Ne reste-t-il que de l’Absolut Strawberry sans jus sans glaçons sans palmier multicolore dans un verre en plastique à la distrib’ du Maxim’s ? Qu'importe, ce soir Absolut est votre meilleur ami, et la voka fraise on le sait c’est du dernier chic.
Fut un temps où, pour entraîner une ribambelle d'acolytes dans mes bien légitimes débauches juvéniles, j'arguais d'une tête d'affiche pointue, d'un Guns'n'Bombs aux platines, d'un Bonde do Role à demi-nu, d'un Niyi bariolé. Mais, peu à peu, les symptômes de l'épidémie apparurent.

Première alerte. Nous sommes le 6 juillet à 20h30, je sors du travail en courant pour rejoindre l'équipe au Nokia Trends Lab. La vibration inopportune du téléphone ralentit ma course à mi-chemin. Les quelques membres sur place depuis 15h m'annoncent d'une voix dont le portable ne parvient à atténuer l'intonation euphorique que l'endroit est idyllique, l'accueil extraordinaire. La preuve en est irréfutable : voilà plus de cinq heures qu'ils errent dans les 25m2 réservés à la presse munis d'une indétrônable coupe de champagne en PVC recyclable, dont le remplissage régulier rappelle immanquablement le tonneau des Danaïdes. Sans trop d'inquiétude, je me contente de les narguer avec ce revigorant cocktail carotte-orange-gingembre autour duquel, étrangement, la foule ne paraît pas s'empresser.
Mais il s'agissait bel et bien d'un signe avant-coureur. 1er août, l'ennemi tapi dans l'ombre est aux aguets. Un message fait subrepticement clignoter mon mobile à la manière d'un arc-en-ciel. Déployant l'appareil j'apprends que C***, celle qui a connu Late of the Pier deux semaines avant moi m'invite à la rejoindre à la Respect. Un coup d'oeil succinct à la programmation laisse pourtant songeur. A la lecture de l'indication Apéro Colette je me gausse doucement et prédis un avenir des plus déplorables à cette soirée. Au rapport le lendemain, C*** manque presque de salive pour en vanter le succès, les mérites, et l'abondance de piquette rosée.
Passons outre l'épisode du festival Electrodandy qui a rameuté autour de groupes éculés une faune attirée par les relents de l'open bar sous le parrainage bienveillant de Kitsuné, qu'on connait plus audacieux en termes d'innovation musicale.
Il est à redouter que la rentrée n'enraye pas le phénomène. La fine fleur de la nuit parisienne ne choisira bientôt plus d'élire de sa présence une soirée d'exception agrémentée d'un délicat nectar, des fines saveurs d'un vermouth blanc ou d'un bourbon ambré, mais se vendra à ceux qui sauront flatter son gosier dans la plus pure gratuité.
Pourquoi cette course effrénée à l'alcool, certes traditionnellement attaché à la conception même de soirée, tend-elle à primer la qualité de l'affiche ? Dans un milieu qui impose une maîtrise absolue de son image (Voir article), quelle liberté contradictoire peut naître d'un enivrement immodéré ? Ce besoin affiché d'ébriété n'est-il pas symptômatique d'une nuit où l'amusement ne va plus de soi mais où la part de représentation est telle qu'elle engage la confiance même de l'individu ?
Alors oui, dans un cadre tel il est logique que la spontanéité décline, et que les débordements comme le moindre comportement un tant soit peu irrégulier puissent être confortablement attribués à l'ivresse. L'alcool fonctionne comme échappatoire au carcan imposé par les circonstances, et comme refuge commode des convenances bafouées. Là où l'alcoolique chic inventait la mise en scène de son éthylisme, le noctambule pétri d'angoisse face à la comédie qu'il croit devoir jouer noie son trac dans un fond de bouteille. Et ce quel qu'en soit le contenu. Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.






le 19/10/08
Alcool = Duvet
le 11/12/07
Ouaip, la prose est chiante... j'ai pas bu, mais j'ai mal au crâne.
le 01/10/07
APERO
le 01/10/07
je comprends pas ces phrases elles sont trop complexes
le 30/09/07
Chère elise, j'ai toujours du mal avec tes articles, simplifie la prose, fonce dans le mur et donne nous de quoi saliver. Pas du Figaroscope à peine branché pour jeunesse UMP. Amour Ton Gonzo
le 27/09/07
C\\\'est plat... Où est passé Sir Mattheus et son cynisme ?
le 27/09/07
La prochaine fois, faites nous l'autopsie du tutoiement entre hypeux.
le 27/09/07
Je les préfère grandiloquents, mais la nuance est sans doute un peu surfaite.
le 26/09/07
j'aime bien les articles grandiloquants
le 26/09/07
Elise, je t\\\'aime..
le 26/09/07
monde claustrophobe aux effluves phospaltiques post trauma-bitttorentisation de l\'intelligence collective audeur paprika sur fond de sperme fluo-electoclash-testarossien petillant
le 26/09/07
Et pourtant on n\\\'est qu\\\'une association de gens (presque) normals...
le 26/09/07
Le vin déclenche de multiples impressions sensorielles qui vont bien au-delà de l’ivresse. Sachant que tout cela peut apparaître puéril ou lassant à ceux pour qui les vins ne méritent pas une telle débauche d\'intérêt, je me permet de donner un conseil aux hypeux alcooliques: on ne peut raisonnablement goûter le vin sans aimer les mots.
le 26/09/07
Clark? Connais pas... ah ah
le 26/09/07
Merci Roman pour ton comz, -> Coline : d'après Clark mag y'a jamais eu de première soirée ;)
le 26/09/07
^^ si ya pas un open bar/open glaces haagendasz/open ratatouille (cf apéro colette) à la prochaine soirée Behype, tu sais qu'on ne viendrait pas, Elise! Enivre nous.
le 26/09/07
hey bien l'article, l'open bar comme seul horizon on se fait souvent chier. Avec sa flask on tend vers un peu plus de lucididité
le 25/09/07
"J'te jure que je suis un mec normal le problème c'est quand je picole, je deviens comme O.J. Simpson c'est la fête avec les svinkels le grand partage de l'alcool y'en a un qui t'a piquer ton verre mais tu sais pas lequel normal si après je m'en sors mal, je me sens informe tellement je dors mal et que dans ma piole ça sent fort l' male."