oct. '06
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Reportage Frabrica
En ce lundi des plus automnal, j’ai été invité au vernissage de la nouvelle exposition du centre Pompidou : “FABRICA”.Fabrica est un laboratoire de recherche en communication fondé par Luciano Benetton (de la marque éponyme) et Oliviero Toscani, le sulfureux photographe des campagnes légendaires de l’enseigne. Fabrica couvre tous les domaines de la com’ : du graphisme au cinéma, de la photo à la musique, sans oublier les nouveaux médias et le design.
L‘exposition ayant lieu au sous-sol de Beaubourg, il faut descendre un escalier pour s’y rendre. Chaque marche est associée à un capteur. Lorsque le visiteur les descend, il déclenche un son rappelant celui du xylophone et compose ainsi une mélodie à son insu.
Arrivé en bas, des hôtesses distribuent un Pocket PC relié à des écouteurs. En se promenant dans l’expo au grés de ses envies, le visiteur entraîne en passant devant des bornes Bluetooth des films, des explications ou des interviews relatives aux œuvres présentées. C’est en quelques sortes une « expo dans l’expo » qui nous est proposée.
Je commence ma visite par la partie « Visual Communication ». Sur de grands panneaux d’affichage est présenté un melting-pot d’image décrivant le langage visuel de Fabrica. Des affiches très contemporaines traitants de la réalité, de l’art, de la mondialisation et réalisées par des jeunes venus des quatre coins du monde.
Les projets ont des destinations variées : organisation à buts non lucratifs (comme l’Organisation Mondiale de la Santé, Amnesty International ou Reporters Sans Frontières), produits culturels (livres, musique…), films, illustrations…Certaines sont assez alter mondialistes comme ce logo Nike revisité en faucille ou bien le « M » de Mc Donald mis à l’envers pour former un « W » et associé au « C » de Coca-Cola pour créer un « WC » qui semble tirer la chasse d’eau sur notre société de consommation… D’autres sont tout à faits humoristiques. En témoignent ces hommes nus dont la tête des uns vient s’imbriquer dans le derrière des autres, jusqu’à former un cercle. Positions de l’autruche face au monde qui nous entoure ?
D’autres encore jouent sur les contrastes en présentant un individu bodybuildé au torse huilé et épilé à côté de son alter ego rachitique et velu, en slip kangourous, mais également la photo d’un SDF qui n’accepterait que la carte bleue...
Je poursuis l’expo avec les très étonnants « Colors notebook ». Colors Magazine a réalisé avec Reporters Sans Frontières le projet suivant : un carnet vierge, personnalisable à souhait, est distribué à des personnes à qui l’on ne donne pas souvent l’occasion de s’exprimer : prisonniers chinois, enfants sud-africains, handicapés mentaux… mais aussi des gens tout à fait ordinaires et des artistes.
L’ensemble est surprenant. Une kyrielle de cahiers est accroché par un fil tendu au plafond. Le visiteur peut déambuler et feuilleter le Colors Book qu’il souhaite contempler. Le contenu est hétéroclite. Couverture blanche mais intérieurs coloré à outrance par un enfant, pages constituées uniquement de billets verts, journal de prisonnier…
Autre projet présenté, « Evidence », un court-métrage de Godfrey Reggio, est une réflexion sur la place de la télévision dans notre société, et ce depuis notre plus jeune age. Le film est une séquence de gros plan sur les yeux d’un groupe d’enfant en train de regarder la télé. Les bambins immobiles sont captivés, stupéfaits, comme drogués par le petit écran. Des expressions que l’on retrouve d’habitude sur le visage des pensionnaires d’asile psychiatrique… Flippant isnt’ it ?
Viennent ensuite « Death and Birth », une intéressante série de photo d’Ashley Gilbertson et « Violence », une campagne publicitaire percutante commanditée par l’Organisation Mondiale de la Santé mais aussi des bornes permettant de réaliser son « Flipbook » virtuel en direct et de le visualiser sur grand écran tout en en faisant profiter les autres et « We are the time, We are the famous », une installation interactive dont le public est le protagoniste…
Dense et variée, Fabrica surprend et cela fait du bien. Enfin une exposition accessible à tous, qui apporte une véritable bouffée d’air frais à nos poumons blasés, encrassés par de faux concepts et un art contemporain frisant souvent avec le foutage de gueule et copulant avec le déjà-vu !
Une source vive d’inspiration et de réflexion à visiter sans faute jusqu’au 6 Novembre !

















