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Away we go…

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“Je t’aimerai même le jour où tu seras tellement énorme qu’il me sera difficile de trouver ton vagin”. Qui a dit que le dernier film du prodigieux réalisateur Sam Mendes était une ode à l’amour? Entre ironie et psychologie, Away we go nous laisse contempler deux êtres amoureux en perte de repères. Reste à savoir si leur quête aboutira…

Pour sa cinquième production au cinéma, le réalisateur d’American Beauty et plus récemment des Noces rebelles – avec sa merveilleuse conjointe Kate Winslet – Sam Mendes suscite l’admiration des critiques pour Away we go. Ce road-movie affectif d’un couple en passe de devenir parents apporte une bulle de fraîcheur au quotidien de tous les spectateurs las de ne voir que guerre et sang à l’écran. De Phoenix à Miami, en passant par Montréal, les tourtereaux nous font monter à bord de leur train, avion et voiture – strictement alimentée au bioéthanol – afin de parcourir les Etats-Unis pour donner un sens à leur existence.

L’affiche fait penser celle de Juno (de Jason Reitman), un film où les personnages n’appartiennent qu’à un univers imagé, où l’histoire est d’un romantisme tout droit sorti d’un conte pour enfants, où le monde semble si simple à parcourir… Couple de trentenaires, Burt et Verona, à trois mois de la naissance de leur fille, décident de s’embarquer dans un voyage affectif, délaissés par les parents excentriques de Burt.

Sur leur route, ils rencontrent une ancienne boss aux enfants obèses et traumatisés par la folie et l’aisance sexuelle de leur mère, de vieux amis à première vue modèles et qui pourtant cache un douloureux secret, une ‘cousine’ (l’incroyable Maggie Gyllenhaal) incarnation suprême de la hippie libre qui fait l’amour avec son homme devant ses enfants et pour finir leur sœur et frère respectifs, tous les deux dans une phase de questionnement. Bref, rien de rassurant.

Et pourtant, à coup de grandes tirades mielleuses, Burt et Verona se promettent de ne jamais leur ressembler. Ils avaient fui leur maison pour trouver des solutions et c’est finalement un home sweet home qui les attend.

Amateurs de films d’action, éviter d’aller voir ce film et laisser les amoureux transits prendre une sacrée leçon de moral. Après la rupture brutale d’un même couple attendant un enfant dans Les Noces Rebelles, Sam Mendes récidivent mais cette fois-ci avec une fin heureuse. A-t-il eu des remords? A-t-il finalement relu ses romans à l’eau de rose? En tout cas, une chose est certaine, une envie terrible surgit à la fin de la séance d’embrasser le premier venu. Faites attention à bien vous placer au cinéma…

Note de 4/5.

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