District 9 (chronique) · BHmagazine.fr

District 9 (chronique)

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Neil Blodkamp est obsédé par le thème de l’étranger, l’autre. Plus universel et probant, le robot ou l’extraterrestre est pour lui sujet de prédilection.  Ses courts métrages préfiguraient déjà ce goût pour la différence, Tempbot qu’il réalise en 2006, une sorte de Wall-E avant l’heure, montre un robot engagé dans une boite à la The Office ou il tombe amoureux d’une de ses collègues. Son premier, Alive in Joburg, qu’il réalise en 2005, est celui qui inspira District 9 cette semaine dans les salles.

Il y a plus de 20 ans, un vaisseau extra-terrestre échoue au dessus de Johannesburg. A son bord : des centaines d’aliens, dont l’état se rapprochent sensiblement de celui que peuvent avoir des immigrés Africains, approchant la cote espagnole.  L’Homme leur offre un camp, qui se transforme très vite en township. Les autochtones n’aiment pas leurs nouveaux voisins qu’ils appellent les Crevettes (prawn). Comme souvent pour résoudre un problème l’Homme choisi de le déplacer. Un camp est alors construit plus loin, ressemblant fortement à ce que la politique carcérale allemande des années 30-40 faisait de plus pointu. Et c’est là que commence notre film, quand un employé de la MNU (sorte d’ONU de l’extraterrestre) Wikus van der Merwe est nommé à la tête de la commission chargé de déplacer les Prawns. Seulement après avoir été touché par un fluide douteux, le héros du dimanche se transforme peu à peu en alien.

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La première partie de District 9 réalisé à la manière d’un documentaire met en place le contexte, pose des bases, nous raconte le minimum d’éléments historiques dont on a besoin de savoir pour saisir la situation. On y suit Wikus, une sorte de Borat de l’administration sud-africaine, mener à bien l’opération de sa vie à la façon d’un petit manager de Mc Do. Traitant les étrangers comme une sous race il n’hésite pas à se faire mousser régulièrement devant les caméras qui le suivent. Pour la seconde partie, Blomkamp choisi de revenir à un style plus conventionnel de réalisation et nous montre le passage de l’autre coté opéré par Wikus.

Situer ce film à Johannesburg n’est clairement pas un hasard pour Blomkamp. Ramener son propos au seul problème des townships est clairement réducteur dans un film ou c’est toute la conception de territoire qui est questionné. Le style docu-fiction est parfaitement maîtrisé et installe une véritable atmosphère pesante qu’il sait quitter pour la seconde partie qui ne nécessitait pas ses artifices.

District 9 ne révolutionne pas le film d’anticipation, il le remet à la place qui est la sienne. Pendant des années de sales geeks en manque d’effet spéciaux ce l’étaient réapproprié pour nous faire des Independance Day ou des Armaggedon. Blomkamp revient au bases du film de SF, profiter d’une situation hors norme pour questionner la société sur ce qu’elle à de plus stupide et inhumain. Le héros n’en est pas vraiment un, il est juste le parfait faire valoir que l’on peut balader d’un coté à l’autre des barbelés. Le simple exécutant  qui prend toute l’ampleur du monde dans lequel il vit au moment ou il est forcé de changer de camp. Loin d’une simple leçon de morale primaire et facile, District 9 est un film intelligent et subtil qui en fait sans aucun doute un film de la rentrée et un des meilleurs films de SF depuis longtemps.

Note : 4/5

Voir la bande annonce ici

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