sept. '07
12
Societe>
Pose pour moi
La photo de soirée…décryptage…
Happée par vos ondulations spinales et roulis experts, l’attention du photographe est désormais votre. Alors qu’il pointe sur vous son objectif rutilant, vous simulez une mine lasse et contrariée…votre pose est étudiée, habile et sûre. Blasé, vous acceptez de vous soumettre. L’indolence avec laquelle vous vous prêtez à ce rituel ne fait aucun doute, cette pratique vous est familière, fastidieuse... Le flash pétille, déclic de l’engin.
De tous les trophées, il est le plus glorieux, un graal pour quiconque fréquente les cercles de noctambules avertis. Le lendemain, sur votre ordinateur, vous passez en revue les multiples sites dédiés à ces portraits de bambocheurs épanouis. Un rapide copier/coller et voilà votre gloire mise à profit sur MySpace. Se fendre d’un petit bulletin est vivement conseillé.
Inutile de vous faire une liste de ces portails, elle serait évidemment lacunaire. Citons les trois principaux que sont le très glamour Dirtydirtydancing, le décadent Last Night Party et le hypesque Cobra Snake. En France, seul Laperolog et quelques blogs amateurs s’essayent à ces instantanés.

A défaut d’idoles suantes à la cambrure suggestive, la culture club/électro s’est tournée vers la foule. Retranché derrière ses platines, le DJ restait dans l’ombre. L’engouement des media ne franchissait que trop rarement la lisière du sombre box où il était reclus, les photographes lui préférant l’attroupement de danseurs insolites.
En réaction, le petit pousseur de disque s’est mué en icône fluo. La quête de reconnaissance mène à toutes les extravagances…au dernier décompte, Steve Aoki en serait à sa 1623ème apparition sur le Cobra Snake. Nouveau vecteur d’images et donc de buzz, le « nightsite » polarise et fédère une clique d’arriviste en mal de notoriété. Les photographes jouent bien souvent le jeu et mettent en scène leur vie de débauche, tirant ainsi profit des amitiés soudaines.
Pour le fêtard lambda en revanche, c’est une toute autre partie qui se joue…La photo de soirée doit mettre en avant ses réseaux, il assoit à travers elle son appartenance à un milieu. Cette reconnaissance existe à toutes les échelles. Tilllate et Zepeople valent, à leur degré, ce qu’un cliché d’Alistair Allan, photographe de Dirtydirtydancing, assure de gloire aux happy few londoniens.
Sous un dehors a priori neutre, cette entreprise contribue à l’émergence d’une symbolique nouvelle. Elle érige une kyrielle de codes aussitôt repris dans les communautés satellitaires. En voulant rendre compte d’une réalité, ces photos-reportages tendent à en créer une autre ou, plus vraisemblablement, à modifier son domaine initial.
Qu’il ne reste au final qu’un sourire ou un sein, demeure le sentiment comblé de l’exposition…
Photos : Last Night Party
Happée par vos ondulations spinales et roulis experts, l’attention du photographe est désormais votre. Alors qu’il pointe sur vous son objectif rutilant, vous simulez une mine lasse et contrariée…votre pose est étudiée, habile et sûre. Blasé, vous acceptez de vous soumettre. L’indolence avec laquelle vous vous prêtez à ce rituel ne fait aucun doute, cette pratique vous est familière, fastidieuse... Le flash pétille, déclic de l’engin.
De tous les trophées, il est le plus glorieux, un graal pour quiconque fréquente les cercles de noctambules avertis. Le lendemain, sur votre ordinateur, vous passez en revue les multiples sites dédiés à ces portraits de bambocheurs épanouis. Un rapide copier/coller et voilà votre gloire mise à profit sur MySpace. Se fendre d’un petit bulletin est vivement conseillé.
Inutile de vous faire une liste de ces portails, elle serait évidemment lacunaire. Citons les trois principaux que sont le très glamour Dirtydirtydancing, le décadent Last Night Party et le hypesque Cobra Snake. En France, seul Laperolog et quelques blogs amateurs s’essayent à ces instantanés.

A défaut d’idoles suantes à la cambrure suggestive, la culture club/électro s’est tournée vers la foule. Retranché derrière ses platines, le DJ restait dans l’ombre. L’engouement des media ne franchissait que trop rarement la lisière du sombre box où il était reclus, les photographes lui préférant l’attroupement de danseurs insolites.
En réaction, le petit pousseur de disque s’est mué en icône fluo. La quête de reconnaissance mène à toutes les extravagances…au dernier décompte, Steve Aoki en serait à sa 1623ème apparition sur le Cobra Snake. Nouveau vecteur d’images et donc de buzz, le « nightsite » polarise et fédère une clique d’arriviste en mal de notoriété. Les photographes jouent bien souvent le jeu et mettent en scène leur vie de débauche, tirant ainsi profit des amitiés soudaines.
Pour le fêtard lambda en revanche, c’est une toute autre partie qui se joue…La photo de soirée doit mettre en avant ses réseaux, il assoit à travers elle son appartenance à un milieu. Cette reconnaissance existe à toutes les échelles. Tilllate et Zepeople valent, à leur degré, ce qu’un cliché d’Alistair Allan, photographe de Dirtydirtydancing, assure de gloire aux happy few londoniens.
Sous un dehors a priori neutre, cette entreprise contribue à l’émergence d’une symbolique nouvelle. Elle érige une kyrielle de codes aussitôt repris dans les communautés satellitaires. En voulant rendre compte d’une réalité, ces photos-reportages tendent à en créer une autre ou, plus vraisemblablement, à modifier son domaine initial.
Qu’il ne reste au final qu’un sourire ou un sein, demeure le sentiment comblé de l’exposition…
Photos : Last Night Party






le 19/10/08
Triste génération...
le 28/08/08
A noter quand même : le contenu n'est pas remis en question. L'article sonne juste, merci JeanB.
le 25/09/07
Tssss... Ton sous-marin vient de Russie!!
le 25/09/07
Une grosse capuche recouvre ma tête grillée Pour deux ou trois billets le chrome je fais briller
le 22/09/07
Ou plutôt : "Voyons, ici chacun avance selon ses moyens".
le 22/09/07
"Cachez ce sein que je ne saurais voir"
le 22/09/07
"Mais qu'est-ce que tu croyais, qu'on allait rester là à s'laisser noyer?"
le 20/09/07
hé les gars, c\'est quoi que vous comprenez pas? rutilant? décadent? bambocheurs? satellitaires? c\'est l\'abus de couleurs dégueulasses et de all-over d\'imprimés façon école maternelle qui vous paralyse le système nerveux? ou bien les excès de musique de merde et le port de slims qui nuit à la bonne oxygénation de votre cerveau?
le 14/09/07
Je suis totalement pas d'accord avec Frenchfryy , il se fait bien rare de nos jours une telle qualité et culture apparente mais pas agressive que celle dont fait l'étale les textes de BeHype. Je kiffe moi, donc. Changez rien ;)
le 14/09/07
Assez d'accord ac Frenchfryy,il y a trop de mots et adjectifs compliqués,quelques uns font le charme de ce texte mais à la longue sa fait un peu lourd... Par contre Frenchfryy je suis pas d'accord sur le mot "Hype",je pense que ce mot est derisoire et qu'il doit etre compris au second degré...Je me trompe ??
le 13/09/07
J'en prends bonne note...
le 13/09/07
T'utilises un peu trop de mots "compliqués"... On a l'impression que c'est : "plus j'en mets, mieux c'est écrit ou plushype mon texte est (vu qu'on est sur behype...) Alors que c'est plutôt fatiguant à lire. Faut pas hésiter parfois à faire simple surtout pour dire des choses un peu banales.. C'était le conseil du jour du Père Fouras.
le 12/09/07
yep yep t inkiéte tu auras les meme foto pour cette soirée fluo sauf qu il y aura plus de couleur héhéhé merci a plus