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oct. '06
20
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25 ans de Nova

Nova a choisi le dimanche 15 Octobre pour fêter ses 25 ans de diffusion radiophonique. La radio qui a permis aux cultures « street » de sortir de l’ombre nous a concocté un programme témoin d’un quart de siècle d’éclectisme musical.
Cet événement vient clore les animations « Rue » qui ont eu lieu sous la nef Grand Palais depuis trois jours.
Après avoir fait la queue et subis fouille et détecteur de métaux portatif par un moustachu au regard vicieux, je pénètre avec mes acolytes dans l’enceinte du Grand Palais.

Le grondement des basses, déjà perceptible, fait trembler la verrière. Immense et majestueuse, elle fait office de caisse de résonance gargantuesque.
Les vestiges de « Rue » sont encore présents : une rampe de skate, des murs de graff’, un terrain de basket, une arène…
4500 personnes sont agglutinée devant une grande scène.
Dans le public, un peu tous les genres mais pas mal de dreadeux et de Ghetto Style (auditeurs de Génération 88.2 oblige !)

Aline (Radio Nova) chauffe la foule et annonce l’arrivée d’un dénommé « Tez ».
Un binoclard entre alors en scène et scotche le public avec ses human beat box. Le son résonne sous la verrière. J’ai du mal à croire qu’il provient uniquement de la bouche du performeur. Une véritable prouesse. Il restera selon moi LA découverte de la soirée.
Tez est bientôt rejoint par Vincent Ségal et Cyril Atef alias « Bumcello ». Nous les connaissions accompagnés par –M-, les voici en duos. Un violoncelle et une batterie pour uniques instruments, serions-nous dans le minimalisme sonore ce soir ?
Le violoncelle émet des sons distordus, tout à fait inhabituel pour qui ne possède qu’une culture classique de cet instrument. Ponctué  par la batterie, l’ensemble est plaisant mais un peu monotone à mon goût.
Amadou et Mariam, soutenus par deux roadies, arrivent alors en scène. Dans leur boubou et sarrau en velours beige, ils poussent la chansonnette : « Je pense à toi, mon amour, ma bien aimée… » Tatsouin, tatsouin, je m’emmerde déjà !
Cependant, certaines personnes semblent accrocher et se mettent à danser. Je reste tout de même de marbre. « Le dimanche à Bamako » c’est bien gentil, mais ça me fait tout à fait chier ! Idem quand ils se mettent à prêcher pour la paix dans le monde. Ami lecteur, tu me traiteras peut-être d’intolérant primaire, mais j’opte pour la sincérité et je dis ce que je pense !

Puis c’est au tour de Dee Nasty, DJ mythique du Hip Hop hexagonal. Il est secondé par un MC ayant pour prétention de nous infliger une impro. L’arrivée du dis rappeur, au lieu de relever la prestation, ne fait que l’appauvrir. Cette espèce de phacochère nous ânonnes ses rimes pauvres en postillonant dans son micro.
En histrion critique, je me permets de caricaturer ses enchaînements verbaux de la manière suivante : « Yo ! Yo ! Yo J’rappe pour tous mes bro’ ! A tous mes re-fré du ghetto qui font le ramadan, qu’ont l’ventre vide mais toujours toutes leurs dents ! » Affligeant.

Comme si cela ne suffisait pas, deux autres MC débarquent. Look de lascar et faconde correspondante ils parviennent à descendre encore plus bas le niveau déjà pathétique de leur frère de son : « Opération Destruction au Grand Palais ! Ce soir on va tout niquer ! » Et ta mère ? Elle joue dans Full Metal Jacket peut-être !
Heureusement, l’ensemble est rattrapé par l’apparition des cinq MC du Saïan Supa Crew ! Showmen réputés ils nous emplissent d’espoir et ne nous trompent pas sur la marchandise. Sautillant dans toutes les direction, ils haranguent la foule : « Tous l’monde la main en l’air ». « J’entends rien ! Faites du bruit ! ».
Bien que le Grand Palais est un lieux hallucinant et inhabituel pour ce genre d’événement l’alchimie ne fonctionne pas. Trop d’espace ? Peut-être. Le public ne se sent pas ou peu concerné par ce qui se passe sur scène. Il regarde l’œil un peu vide et saute sans grande conviction malgré l’énergie dépensée par le Saïan. Dommage.
Je pars faire un tour. Dans le fond, quelques personnes ont formé un cercle et font une battle de break. Ailleurs, des joins tournent mais ne dégagent que d’obscurs fumets de paraffine.

Revenu près de la scène, je vois partir les mecs du Saïan qui laissent Sly The Mic Buddha seul face au public pour une démo d’un autre genre : « Hey ! Dee Jay ! Please make me some human beat Box ! » D’un style très différent de celui de Tez, il imite avec sa bouche des classiques de Michael Jackson, mais aussi, plus surprenant, du Benny Benassi. Prodigieux !

DJ Mehdi lui succède. Juste le temps d’entendre un mix sur 50 Cents et je décampe.
Trop monotone, trop Hip Hop pour moi. Affaire de goût ? Peut-être. Mais j’en doute. Les échos recueillis autour de moi laissent entendre la même chose.
Souhaitons à Nova un très joyeux anniversaire et prions pour que le suivant soit plus réussi !
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