Gonzales
L'interview !
Par Christopher
Producteur émérite, compositeur de génie, Gonzales n’a plus rien à prouver. Se considérant comme un scientifique de la musique, un technicien des émotions, on pourrait croire que tout est préparé, calculé. Il passe son temps à se justifier ; justifier son talent, justifier son excentricité, son ego. Son ego tout le monde en parle, tout le monde veut savoir, qui est Gonzales ? Voulant à tout prix prendre des risques, il refuse le confort, quitte à déplaire, quitte à trop plaire.
Qui est Gonzales ?
(Regard Inquiet)
Je ne sais pas. Gonzales, vous connaissez ?
Oui quand même… Mais est ce qu’il y a un personnage, un idée derrière ?
Oui, c’est moi, je suis un « entertainer », je suis là pour faire plaisir aux gens.
Pourquoi « Gonzales » ?
Mes racines sont juives-hongroises et je me suis dit que quitte à choisir un nom de scène il fallait en prendre un qui soit très loin de mes vraies racines. J’ai donc voulu prendre quelque chose de latino qui est une culture qui ne correspond pas du tout à mon caractère. Ils sont très relax, ils vont souvent à la confrontation, moi je déteste ça. Je suis quelqu’un de très stressé, j’ai donc trouvé ça marrant. Cela ajoute une distance entre moi et le projet. Je peux aller plus loin car parfois je peux presque me convaincre que Gonzales est quelqu’un d’autre.
Donc il y a vraiment un personnage ?
Chaque personnage est l’exagération d’une personne. Moi je suis l’exagération de moi même. Regarde Borat, je pense qu’en soit, il est une exagération de Sacha Baron Cohen. Il faut toujours une part du personnage qu’on est.
Gonzales est vraiment egocentrique ?
Je considère que ce n’est pas vraiment être égocentrique. Moi ce que je vois comme égocentrique c’est les punk rockers qui vont arriver sur scène, et par leur attitude vont montrer leur égocentricité. Ils ont l’attitude mais pas la technique. Je trouve ça nocif, ce sont des gens qu’il faut tuer, je veux qu’ils crèvent dans d’atroces souffrances, qu’ils soient rayés de la musique…TOUS !
Moi j’essaie de rester positif. Il y a des gens comme Daft Punk ou Katerine qui fonctionnent autrement heureusement. Je cherche plutôt à m’entourer des gens avec qui je partage ce point de vue plutôt que de dire « lui c’est nul ». Vous avez du voir à la télé des gens qui essaient d’être authentiques. Mais ce n’est pas possible d’être à la télé et d’être authentique.
C’est pas honnête ?
Oui, donc je préfère assumer ce côté « malhonnête» pour après aller au-delà, essayer de trouver une vérité poétique, une vérité drôle. Mais au moins on se met d’accord ; un peu comme quand on va voir un film. Par exemple tout le monde sait que Silverstone Stalone n’est pas Rocky Balboa mais on accepte quand même pendant 2h30 que c’est Rocky Balboa.
C’est un peu comme les gens qui disent « non mais Gonzales c’est quelqu’un de faux ». Ca sert à quoi de montrer ça ? Essayer de dévoiler que je ne suis pas sincère ? Par définition je ne le suis pas mais si on se met tous d’accord on peut essayer de trouver quelque chose de plus grand dedans. Dans le sérieux on ne trouve rien.
Dans ce côté spectacle, mettre des costumes sur scène... Il n’y a pas un côté retour aux « sources » de revenir à cette époque ? Les années 70 ?
Pour moi le Punk rock est une sorte de maladie, c’est une d’infection. Une chose très grave qui est arrivée à la musique et qui a fait que les gens ont estimé que l’attitude suffisait. C’est la victoire de l’attitude sur la maîtrise, ça privilégie une espèce d’authenticité sur le spectacle. Pour moi le punk rock a fait régresser de plusieurs décennies l’histoire de la musique. C’est vrai que l’âge d’or avant le punk rock était les 70’s. Toute cette musique avait une maîtrise et un côté spectaculaire.
Pour vous la musique s’est arrêté là ?
Non, on est en 2008 on vit avec notre temps. Mais j’aimerais revenir à une certaine esthétique de cette époque et à l’appliquer à la notre. Mon album n’est pas une imitation des années 70, du tout. Il n’est pas construit comme ça. Au contraire j’essaye d’utiliser à fond internet pour me promouvoir… Je ne renie rien d’aujourd’hui. Je suis plutôt content que mon point de vue soit radicalement démodé du coup paraisse quasi avant-gardiste. Donc je profite de cela pour sortir de la foule et tenter d’être original alors qu’en soit je suis plutôt « old school » par rapport à ceux qui font de la musique qu’ils ne savent pas faire.
Qu’est ce qui est différent avec Gonzales ?
Je connais les harmonies, les différences entre les majeures et les mineures. Je communique avec mon public. Je le respecte assez pour lui donner du fantasme. Donc toutes ces raisons qui sont démodées font que maintenant on vit dans une aberration. Peut être que dans les années 70 j’aurais eu plus de mal à sortir de la foule. Heureusement, maintenant je peux sortir de la foule.
Tout ça a commencé quand ?
Très tôt, par le piano.
Classique ?
Je déchiffrais plutôt.
Et vos parents qu’est ce qu’ils écoutaient ?
Pas beaucoup de musique. Mais j’écoutais beaucoup ce qui se jouait à la radio et à la télé. J’ai vraiment grandi avec la télé. Les grands tubes. Je suis né en 1972 donc je suis un peu plus vieux que vos lecteurs.
(Rires)
Dans le livret de l’album il y a une liste avec tous les gagnants des Grammy Awards de 1978. Pourquoi cela ? Un hommage ?
Une liste de très très bons musiciens. On se rend compte qu’en 2008 il y aurait très peu de nom. On mettrait quoi ? Bjork, Daft Punk et Justice ? Et après il y a quoi ? Il n’y a rien. En 1978 il y avait tout. Je ne vais pas dire que c’était mieux, mais c’était différent.
C’était plus des idoles à moyen et à long terme. Maintenant on sort un album puis après le vide complet. Alors qu’avec eux on attendait pendant des mois. C’est ce que vous avez un peu tenté de faire non ? « C’est le dernier Gonzales, il va chanter il a chanté !! » Mais en l’écoutant on se rend compte que ce n’est pas aussi joyeux qu’on attendait, c’est plutôt froid, voire cynique. Vous etes d’accord ?
Je suis d’accord avec tout. C’est peut-être parce que tu cherchais de la mélancolie. L’écoute est liée à l’auditeur. Les gens trouvent ce qu’ils cherchent. Moi je mets toutes mes émotions. Je contre-joue la musique avec le texte. Parfois je contre-joue les majeures et les mineures. J’ai cherché à combiner des émotions opposées. Donc les gens peuvent trouver ce qu’ils veulent. Il y en a qui disaient que « Solo Piano » était triste, d’autres légers. Qui a raison ? Les deux. Moi je suis artisan. Je suis un scientifique de la musique, je sais comment créer des émotions. Je mets toute la matière puis les gens trouvent ce qu’ils veulent. Sans le savoir.
Il y a un côté cynique ? Avec Working Together ? « On vit ensemble, on bouffe ensemble, on fait tout, on est des moutons » avec une mélodie très joyeuse. Où l’avez cherché, il y a une idée ?
Les textes aident beaucoup. Il y a un raisonnement littéral. Dans Working Together il y a quelque chose de frontal. Je trouve que la lutte est poétique, dans les relations. Cela à cause du fait qu’on ne soit jamais égal, qu’il y ai toujours un rapport de stratégie. Pour moi ce n’est pas cynique. Je ne crois pas que toutes les relations soient salies par ça. Je trouve plutôt que c’est beau qu’on tente d’avoir des relations malgré le fait qu’on ne soit pas égaux, et parce qu’il y a des rapports de stratégie. Lutter pour un but impossible est le truc le plus beau du monde.
Vous pensez le faire ? Lutter ?
Bien sur, la communication avec des tonnes de gens ce n’est pas facile. C’est ce que fait Barack Obama en ce moment. C’est ce que font les comiques, les réalisateurs, les compositeurs. Etre « entertainer » est cette idée de surmonter cette communication impossible. S’il n’y a pas de lutte ce n’est pas intéressant. C’est pas bon le confort. C’est pour ça que je change de style musical en permanence. Je n’ai pas envie de me sentir à l’aise. Quand je suis comme ça je perd un peu « my edge » . Pour moi « Solo piano » qui a énormément marché m’a donné une leçon : « prends un autre risque ». J’aurai pu imaginer le résultat à l’avance. Quand j’ai commencé « Soft Power » je me suis dit que j’allais chanter. C’est le truc le plus ridicule que j’aurai pu faire. C’est une mission suicide. J’ai fait exprès de faire quelque chose de dangereux. Les gens ne veulent pas que je devienne comme les autres chanteurs.
Vous n’avez pas peur de prendre tellement de risque qu’on vous lâche ?
J’en ai eu des bides. Il y a plein de gens qui trouvent que Soft Power est un flop artistique, qui sont déçus.
Oui effectivement.
Ah bon c’est vrai ? Moi je rigolais… (Rires)
Ah non je suis sérieux.
Qu’est ce qu’ils disent ?
Que c’est trop basique, trop simple. Juste de la pop et sans plus. C’est gentil. C’est ce que j’ai ressenti avec le dernier Sébastien Tellier. Je peux comprendre qu’on aime, qu’on soit fan. Mais il y a un truc que j’ai pas du saisir, ça ma pas touché.
Non mais son disque est paresseux. Ce n’est pas maitrisé. Il y a de bonnes atmosphères. Mais pour chaque morceau au bout de 20 secondes tu zappes. J’apprends plus quand c’est raté. Avec Feist par exemple c’est là où j’ai le moins appris. Quand on la sorti, toutes les maisons de disque ont adoré, après tous les journalistes ont adoré après ça a cartonné dans tous les pays. Je me suis dit qu’est ce j’avais a apprendre ? Donc un projet comme ça n’est presque pas très intéressant.
Dernier album acheté ?
Oh…….boy !
Ou volé….
Ah j’ai acheté….Non mais ça va faire super vieillot de dire ça !
Allez !!!
Non….
(Puis il se détourne et salue un pote)
Next question !
Non !!!!! Tu ne peux pas me faire ça ?
Si allez… next question !
Dernier Album écouté alors ?
Daft Punk Alive. Je ne l’ai pas acheté….mais quelqu’un m’a fait écouté. Très bien !! Very good !
Dernier repas
Sashimi. Tous les jours. Tous les jours de concert c’est Sashimi.
Dernier voyage
Cologne pour un concert
Dernier Achat
Des Tisanes… On m’appelle « Oncle Gonzo »
Dernière volonté
Avant que je meurs ?
Comme tu veux, même là tout de suite. Ou avant que tu meures, ce que tu veux.
Ah !! Que Technikart arrête de publier leur magazine !
Dernier Mot :
Oncle !
http://www.gonzpiration.com
http://www.myspace.com/gonzpiration






le 14/12/08
Hahaha, il est énorme mais c'est dommage de lire des commentaires dont les auteurs sont étroits d'esprits, comprenant avec difficulté l'humour par écrit et le sens de l'auto-dérision...
le 05/12/08
Eh bien, comme dit Gonzo, dans le serieux on ne trouve rien... comme je dis, moi, egocentrique à souhait, je dis que "ca ne sert à rien de tortiller du cul pour chier droit"...
le 11/08/08
En tout cas il est pas trop con pour une fois ! Peut être qu'il n'accepte pas vraiment le fait d'être juif hongrois . Dommage il y a une sacré belle culture pour la musique chez les hongrois.
le 10/08/08
Un fourre-tout conceptuel sans concept comme beaucoup de produits marketés, peut-etre pour ça qu' ils le sont. Vaut mieux prétendre à rien que jouer sur des thémtiques hasardeuses et s' amuser avec les déguisements à la mode. Dommage pour lui, tres bien pour son compte en banque. A l' approche de la retraite les choix se font pécuniers, maintenant laisse donc ta place aux autres#
le 10/08/08
A noter que Solo Piano était génial..
le 10/08/08
Il a raison pour Tellier pourtant Working together est nul. Y' a pas que la technique dans la musique! Le punk c' est le laisser-aller total du corps, la liberté des pulsions, une facette de la musique qu' il fallait explorer car encore inconnue. Papy gonzales se revendique scientifique mais il méprise ceux qui osent, ce n' est qu' un technicien présomptueux qui pense que les émotions ne sont que le résultat d' un cause à effet toujours reproductible. Le doute cartésien tu connais pas et pour détester autant le punk tu dois avoir un putain de complexe corporel, cad aucune confiance en son propre corps ou un dégout de l' organique. Va voir un psy tout simplement ou changes-en. bisou baveux!
le 10/08/08
mouais... une petite ressemblance faciès avec le chanteur de Rammstein au passage mais à l' insu de Papy Gonzo. Révélateur?..
le 10/08/08
C' est vrai que ce discours sur la superiorité de la technique et sur la décadence d' une époque ça fait tres Heideggerien. Les suffisants se mordent la queue puis disparraissent replier sur eux-memes, c' est tres bien il faut mourir un jour ou l' autre. Passons à une autre époque
le 10/08/08
D' la merde. Je crois qu' on parlait comme ça sous le troisième reich
le 08/06/08
Chaud de dénigrer le punk comme ça... Chaud comment il se la raconte avec les majeures et les mineures, c'est juste la base, pas de quoi en faire un plat
le 05/05/08
je sais pas ou le dire alors je le lache ici. Kourtrajmé ton clip il sent le vomi ... et vas y les clichés
le 05/05/08
tiens jill tu bosses a tecknikart?
le 04/05/08
mais quel gros tas de merde ce gonzales ! de la pauvre variété pour jeu télé, c'est tout ! l
le 30/04/08
C'est des conneries ça. L'arrogance c'est pour les gens qu'ont pas de sagesse. L'arrogance peut aller avec le talent.
le 30/04/08
l'arrogance c'est uniquement pour les gens qui n'ont pas de talents
le 29/04/08
hannnnn quel arrogance !!
le 29/04/08
BAM ! Technikart is dead !
le 28/04/08
interview de qualité RARE
le 28/04/08
viva gonzales
le 28/04/08
terrible... je connaissais mal ce mec, et puis je l'ai vu en concert, toute la salle a fini dehors a chanter. le mythe est la