
"Hi I'm Charles Bronson and I always wanted to be famous". Première phrase du film et tout est là, le propos résumé en une ligne. C'est l'histoire (vraie) d'un mec qui veut juste être célèbre. Pas révolutionner la musique ou la photographie, ni conquérir le monde ni sauver des vies, juste devenir célèbre. Seulement petit problème, Charles Bronson, né Michael Peterson, n'a pas eu d'enfance traumatisante, d'adolescence torturée ou autres cicatrices de jeunesse enrichissant le CV de tout artiste qui se respecte. Il est né en Angleterre, de parents normaux. Il se battait beaucoup, mais jusque là rien d'anormal pour un jeune brit'.
Comment fera-t-il, me demanderez-vous intrigués, pour assouvir son besoin de reconnaissance ? Ne sachant ni jouer ni chanter, de son propre aveu, il va mettre à profit son caractère de badass. Un braquage de banque plus tard et une vingtaine de livres en poche, il en prend pour sept ans. Difficile de devenir célèbre en prison, se dirait le premier quidam venu. Seulement Charles Bronson n'en est pas, et réalise que devenir « le prisonnier le plus violent d'Angleterre » pourrait le mener aux portes de la gloire.
Dernier film du Danois Nicolas Winding Refn (Pusher), ce biopic traite du besoin irraisonné de célébrité en le prenant par son expression la plus absurde et violente. Présentant Bronson comme un artiste, le réalisateur filme la vie d'un homme en train de façonner une œuvre. Esthétisation des combats, ralentis et philharmonique. Monologue de Tom Hardy expliquant sur scène à un public conquis sa démarche. Début difficile, période de gloire et passage à vide, rien n'est oublié dans la "carrière" de Bronson.
"Ils ne te comprennent pas", lui glisse un fou lors de son internement. La phrase est lâchée, Bronson obtient son arty-cred', c'est bien de performances qu'il s'agît.
Refn dit avoir signé son film le plus autobiographique, et je le crois. Il raconte lui-même que le désir de célébrité l'animait enfant jusqu'à le bouffer de l'intérieur, au risque d'éclater violemment au grand jour. Finalement Bronson ne serait que la personnification d'un grand nombre d'égocentriques mégalos, à l'heure où la célébrité devient un but en soi pour des gamins nourris à la realTV.
Bronson est un film intéressant. Biopic sortant de la forme habituelle imposée par Hollywood, il nous propose un parti pris original que porte à merveille Tom Hardy, qui a trouvé là un rôle à la hauteur de son talent.
Note : 3,5
