jan '07
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Interview Laura Carlin

Quel âge as-tu ?
J’ai 26 ans.
Quelle école as-tu fréquentée ?
Je suis allée au Leeds College of Art puis au Buckinghamshire et enfin au Royal College Of Art de Londres pour mon Master
Quelles sont tes sources d’inspirations ?
Mes amis, ma famille, les livres, les textiles, la nourriture, la musique et la vie de tous les jours.
Quels sont tes artistes et illustrateurs favoris ?
Je ne me lasserai jamais de l’oeuvre de Picasso. Actuellement, je m’inspire des travaux de Bruno Munari, Stig Lindberg et Jockum Nordstrom mais également des textiles mexicains, des drapeaux africains… Mais cette liste s’enrichit de jour en jour.
Comment es-tu venue à l’illustration ?
À l’école, j’aimais les maths et l’art plastique, mais je n’ai pas trouvé de moyen de combiner les deux. Je me suis donc dirigée vers une section artistique car cela me permettait d’étudier l’histoire en plus. Même si j’espère en avoir appris un peu plus, le bac “Art” consistait à recopier des photos. Pas très enrichissant !
On m’as dit que j’avais un style très “illustration”. Ravi de l’apprendre, je me suis mis à dessiner nuit et jour, tout en continuant à copier des photos du mieux que je pouvais jusqu’en seconde année. En regardant mes travaux, mon tuteur m’as dit qu’il manquait quelque chose et m’a conseillé de suivre un fil conducteur, d’illustrer mes idées…
Tu travailles pour une agence. Laquelle ? Est-ce une agence d’illustration ?
Je bosse pour l’agence Heart qui est spécialisée dans l’illu. Ils ont des bureaux à Londres et à Paris.
Tu enseignes également. Es-ce régulier ou uniquement pour donner quelques conférences ?
J’enseigne à l’Université du Kent un ou deux jours par semaine, le reste du temps, je suis freelance.
Sur quoi travailles-tu habituellement ? Livres ? Pub ? Website ?
Différentes publications. J’aime travailler sur du texte et produire plusieurs images pour le même sujet. Cela va du rapport annuel aux brochures et aux livres.
Tu as beaucoup voyagé. Etait-ce durant tes études ou également pour ton boulot ?
Je suis allé trois fois en Asie pendant mes études. Ces voyages ont véritablement nourri mon travail. Aussi bien mes travaux persos que mon Master of Art.
Depuis que j’ai quitté l’uni, je suis allé à Venise, en Suisse, a Paris et au Danemark pour le travail.
As-tu déjà publié des livres ?
J’ai publié à compte d’auteur “Ten Days in Tokyo”, “I remember it Went”, “We lie Together” et “le Béret Rouge”. Walker Books a publié ma nouvelle “The Silver Donkey” que j’ai illustré et également “StoryQuest” que j’ai fait en collaboration avec Land Securities et Bob Design. Je travaille actuellement avec les éditions Phaidon.
Est-il possible de trouver tes livres en France ?
Pas pour le moment mais j’espère publier en France dans un future proche car la France possède un magnifique marché du “beau livre”.
As-tu reçus des prix ?
Pendant mon Master, il y’a deux ans, j’ai reçu le Uniglo Design Award qui m’a permis de voyager à Shanghai et Tokyo. À la fin de mon voyage, j’ai monté un autre projet pour cette fois-ci
J’ai aussi reçu le Shelia Robinson Drawing Prize, le National Magazine Awards et le Quentin Blake Prize deux ans de suite.
Plus récemment, j’ai eu deux médailles de bronze aux American Illustration Awards et le premier prix d’illustration éditoriale de V&A.
Tu fais des carnets de voyage. Je les aime beaucoup car ils sont très personnels et originaux. Ils me rappellent l’esprit d’un film comme « «Lost In Translation ».
J’aime ce film. Beaucoup de gens le trouvent très « cliché » par rapport au mode de vie des tokyoïtes, mais je ne pense pas que ces deux personnages auraient pu avoir une histoire similaire dans une autre ville que Tokyo.
Ce film m’a rappelé beaucoup de détails de mon voyage. Bien que j’ai été reçue par une famille merveilleuse, ça ne m’empêchait pas, à peine arrivée, de traquer le low cost pour revenir au bercail !
Mes emails et mes dessins étaient les medium privilégiés pour capturer tout ce que je voyais, entendais, faisait… Souvent des choses qui m’étaient étrangères.
Bien entendu, j’ai fini par adorer cette ville et n’espère qu’une chose : y retourner.
Selon moi, ce qui caractérise ton travail c’est l’originalité de tous les détails : l’histoire, le concept, le style et le support.
Par exemple, tu choisis de raconter une histoire non pas en écrivant un texte mais en publiant les mails que tu as échangés avec tes amis lorsque tu étais en Asie.
Tu crées des livres qui se déplient à la fin pour donner un tout autre point de vue sur l’ensemble, tu couvres ton livre sur Paris avec de la feutrine pour imiter l’apparence d’un béret…
J’aime l’idée qu’un livre soit un ensemble. Chaque détail doit souligner le contenu ou l’idée du livre.
Le lecteur doit se sentir attiré par le livre. Il doit être séduit par les textes bien surs, mais aussi par les illustrations, le touché du papier, celui de la couverture.
Le but est de lui montrer quelque chose de différent, qui le surprenne tout en lui apportant des éléments.
Je ne brise aucune des frontières du monde de l’art, mais j’espère que je produis quelque chose de très personnel et que ça ne ressemble à personne d’autre !
Futurs projets ?
Plus de livres ! Je souhaiterais également orienter mon travail vers la 3D, en collaboration avec d’autres artistes.
J’aimerais également travailler en volume et dans un espace pour une exposition.
Je vais au Canada en avril prochain pour participer à une résidence. Le Voyage ne durera qu’un mois mais c’est l’occasion de travailler sérieusement, sans interruption, avec une exposition à la clé.
De façon générale, j’espère juste continuer à travailler en tant qu’illustratrice car c’est un rêve devenu réalité !
Par Foucauld DUCHANGE
J’ai 26 ans.
Quelle école as-tu fréquentée ?
Je suis allée au Leeds College of Art puis au Buckinghamshire et enfin au Royal College Of Art de Londres pour mon Master
Quelles sont tes sources d’inspirations ?
Mes amis, ma famille, les livres, les textiles, la nourriture, la musique et la vie de tous les jours.
Quels sont tes artistes et illustrateurs favoris ?
Je ne me lasserai jamais de l’oeuvre de Picasso. Actuellement, je m’inspire des travaux de Bruno Munari, Stig Lindberg et Jockum Nordstrom mais également des textiles mexicains, des drapeaux africains… Mais cette liste s’enrichit de jour en jour.
Comment es-tu venue à l’illustration ?
À l’école, j’aimais les maths et l’art plastique, mais je n’ai pas trouvé de moyen de combiner les deux. Je me suis donc dirigée vers une section artistique car cela me permettait d’étudier l’histoire en plus. Même si j’espère en avoir appris un peu plus, le bac “Art” consistait à recopier des photos. Pas très enrichissant !
On m’as dit que j’avais un style très “illustration”. Ravi de l’apprendre, je me suis mis à dessiner nuit et jour, tout en continuant à copier des photos du mieux que je pouvais jusqu’en seconde année. En regardant mes travaux, mon tuteur m’as dit qu’il manquait quelque chose et m’a conseillé de suivre un fil conducteur, d’illustrer mes idées…
Tu travailles pour une agence. Laquelle ? Est-ce une agence d’illustration ?
Je bosse pour l’agence Heart qui est spécialisée dans l’illu. Ils ont des bureaux à Londres et à Paris.
Tu enseignes également. Es-ce régulier ou uniquement pour donner quelques conférences ?
J’enseigne à l’Université du Kent un ou deux jours par semaine, le reste du temps, je suis freelance.
Sur quoi travailles-tu habituellement ? Livres ? Pub ? Website ?
Différentes publications. J’aime travailler sur du texte et produire plusieurs images pour le même sujet. Cela va du rapport annuel aux brochures et aux livres.
Tu as beaucoup voyagé. Etait-ce durant tes études ou également pour ton boulot ?
Je suis allé trois fois en Asie pendant mes études. Ces voyages ont véritablement nourri mon travail. Aussi bien mes travaux persos que mon Master of Art.
Depuis que j’ai quitté l’uni, je suis allé à Venise, en Suisse, a Paris et au Danemark pour le travail.
As-tu déjà publié des livres ?
J’ai publié à compte d’auteur “Ten Days in Tokyo”, “I remember it Went”, “We lie Together” et “le Béret Rouge”. Walker Books a publié ma nouvelle “The Silver Donkey” que j’ai illustré et également “StoryQuest” que j’ai fait en collaboration avec Land Securities et Bob Design. Je travaille actuellement avec les éditions Phaidon.
Est-il possible de trouver tes livres en France ?
Pas pour le moment mais j’espère publier en France dans un future proche car la France possède un magnifique marché du “beau livre”.
As-tu reçus des prix ?
Pendant mon Master, il y’a deux ans, j’ai reçu le Uniglo Design Award qui m’a permis de voyager à Shanghai et Tokyo. À la fin de mon voyage, j’ai monté un autre projet pour cette fois-ci
J’ai aussi reçu le Shelia Robinson Drawing Prize, le National Magazine Awards et le Quentin Blake Prize deux ans de suite.
Plus récemment, j’ai eu deux médailles de bronze aux American Illustration Awards et le premier prix d’illustration éditoriale de V&A.
Tu fais des carnets de voyage. Je les aime beaucoup car ils sont très personnels et originaux. Ils me rappellent l’esprit d’un film comme « «Lost In Translation ».
J’aime ce film. Beaucoup de gens le trouvent très « cliché » par rapport au mode de vie des tokyoïtes, mais je ne pense pas que ces deux personnages auraient pu avoir une histoire similaire dans une autre ville que Tokyo.
Ce film m’a rappelé beaucoup de détails de mon voyage. Bien que j’ai été reçue par une famille merveilleuse, ça ne m’empêchait pas, à peine arrivée, de traquer le low cost pour revenir au bercail !
Mes emails et mes dessins étaient les medium privilégiés pour capturer tout ce que je voyais, entendais, faisait… Souvent des choses qui m’étaient étrangères.
Bien entendu, j’ai fini par adorer cette ville et n’espère qu’une chose : y retourner.
Selon moi, ce qui caractérise ton travail c’est l’originalité de tous les détails : l’histoire, le concept, le style et le support.
Par exemple, tu choisis de raconter une histoire non pas en écrivant un texte mais en publiant les mails que tu as échangés avec tes amis lorsque tu étais en Asie.
Tu crées des livres qui se déplient à la fin pour donner un tout autre point de vue sur l’ensemble, tu couvres ton livre sur Paris avec de la feutrine pour imiter l’apparence d’un béret…
J’aime l’idée qu’un livre soit un ensemble. Chaque détail doit souligner le contenu ou l’idée du livre.
Le lecteur doit se sentir attiré par le livre. Il doit être séduit par les textes bien surs, mais aussi par les illustrations, le touché du papier, celui de la couverture.
Le but est de lui montrer quelque chose de différent, qui le surprenne tout en lui apportant des éléments.
Je ne brise aucune des frontières du monde de l’art, mais j’espère que je produis quelque chose de très personnel et que ça ne ressemble à personne d’autre !
Futurs projets ?
Plus de livres ! Je souhaiterais également orienter mon travail vers la 3D, en collaboration avec d’autres artistes.
J’aimerais également travailler en volume et dans un espace pour une exposition.
Je vais au Canada en avril prochain pour participer à une résidence. Le Voyage ne durera qu’un mois mais c’est l’occasion de travailler sérieusement, sans interruption, avec une exposition à la clé.
De façon générale, j’espère juste continuer à travailler en tant qu’illustratrice car c’est un rêve devenu réalité !
Par Foucauld DUCHANGE
BH Magazine - Tous droits réservés - 2008





