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Hadewijch (critique)

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Nul doute que si Bruno Dumont était un cinéaste plus mainstream, Hadewijch, son dernier film l’aurait relégué au rang de Paria et à l’heure ou j’écris il serait en train de jouer à PES avec Dieudonné.

Dans Hadewijch, le cinéaste français s’attaque à la religion, sujet délicat par excellence de la décennie. L’héroïne de son film, interprétée par Julie Sokolowski, se fait renvoyer du couvent ou elle fait ses ordres à cause d’un excés de zèle dans sa foi. Relâchée dans la nature, en l’occurrence l’île Saint Louis ou vivent ses parents, elle fait l’expérience de la vie sociale et amoureuse non sans heurts.

Incroyant notoire, Dumont interroge ici la foi et la spiritualité. Céline, qui se fait appelé Hadewijch, du nom d’une mystique Belge qui écrivait des poèmes sur l’amour Divin, pense avoir trouvé en Jesus un être à aimer. Comme tout amour adolescent, ce dernier est pétri de violence et de passion. La confrontation de sa foi et du monde réel va être une étape difficile dans la vie de Céline, puisque son amour tout aussi invisible qu’exclusif crée une barrière avec le monde sensible. Dumont retrouve ici ses thèmes de prédilections, en filmant des êtres proches des taiseux de Flandres, essayant de communiquer entre eux tant bien que mal malgré les troubles évident qu’ils semblent contenir. Encore une fois il fait tourner des acteurs amateurs, et encore une fois il les fait se transcender. Julie Sokolowski est parfaite dans son rôle et marque tous les plans où elle apparait d’une vraie sensibilité.

Beaucoup ont comparé ce film aux oeuvres de Bresson ou de Cavalier. Pour ma part je pense qu’on devrait chercher vers des réalisateurs plus ancré dans un cinéma dit adolescent. Cette quête, non spirituelle, mais bien personnelle et philosophique poussant à se chercher pendant ses jeunes années, la violence du rapport qu’elle entretien au monde, aux autres et à l’amour n’est pas sans rappeler le cinéma d’un Clark ou d’un Van Sant. Interrogeant le rapport à la religion, mais également le rapport à l’amour et la violence de la société face aux gens moins pragmatique est également un des fil du film. Céline n’est pas qu’une mystique un peu folle et demeurée, mais probablement une jeune étudiante en théologie ayant trouvé refuge dans une foi maladroite.

Sans être son meilleur film, Hadewijch est une oeuvre qui questionne la religion de facon assez originale, confirmant Bruno Dumont comme un des meilleurs cinéastes français contemporain.

Note : 3.5/5

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